114 hectares. C’est au bas mot, ce que représente la surface des anciennes décharges du département d’Indre-et-Loire. C’est une estimation inédite fait grâce à des superficies mentionnées dans les archives départementales et vérifiées via Géoportail. Des estimations avaient été faites avant l’an 2000, mais a priori jamais avec tant de précisions et sur un nombre aussi étendu d’ex décharges (plus de 300, cf la cartographie). C'est une estimation à minima, à partir de données connues. Car il y a des décharges publiques non recensées, et des décharges privées également. Leurs ajouts accroîtraient la superficie.
La plus petite commune du département, Montrésor (0,98 km2) serait ainsi recouverte de déchets. La ville de Château-Renault, du même département, serait recouverte par près d’un tiers par les ordures. Et cela sans compter les surfaces des deux centres d’enfouissement encore exploités à l’heure actuelle, Chanceaux-près-Loches et Sonzay. Ce qui rajouterait près de 85 hectares aux 114 hectares déjà artificialisés par les déchets. Avec 114 hectares ou 199, le département d’Indre-et-Loire serait artificialisé à hauteur de moins de 0,05 % de sa superficie. La vitesse d'artificialisation détritique semblerait s’être réduite depuis l’ouverture du centre d’enfouissement de Sonzay en 1985 et de Chanceaux-près-Loches en 1993. Les décharges auraient gagné en profondeur et hauteur plutôt qu’en largeur.

Le top 10 des plus grandes anciennes décharges d’Indre-et-Loire :
N°1 Monts = 9,7 hectares
N°2 Pernay = 9,5 ha
N°3 Chanceaux-près-Loches = 7,5 ha (décharge exploitée de 1973 à 1993)
N°4 La Celle-Guénand = 7,3 ha
N°5 Joué-lès-Tours = 4,5 ha
N°6 Tournon-Saint-Pierre = 4 ha
N°7 Saint-Benoît-la-Forêt = 3,2 ha
N°8 Descartes = 2,9 ha
N°9 Chinon = 2,5 ha
N°10 Bléré = 2,4 ha
Au total, 24 ex décharges sont évaluées avec un hectare ou plus de surface sur 186 décharges recensées. Cet inventaire ne tient pas compte des deux décharges classées ICPE encore en fonctionnement actuellement, Sonzay et Chanceaux-près-Loches. Elles explosent les records surfaciques.
Pour impressionner les foules, l’indicateur surfacique n’est probablement par le meilleur. Mais c’est a priori le plus fiable pour s’approcher d’une réalité. Car l’estimation des tonnages enfouis depuis l’existence de l’enfouissement des déchets serait une gageüre, une impossibilité. D’une part l’existence de l’ensemble des décharges n’est pas connu a priori. Celles d’avant les années 1960 sont plus difficiles à retrouver dans les archives d’Indre-et-Loire. Quant aux décharges privées, l’archivage et les informations semblent bien plus lacunaires que pour les décharges publiques. Enfin, bien que des tonnages soient mentionnés dans les archives, leur fiabilité est à questionner. Ces mêmes tonnages n’étaient pas suivis dans de nombreuses décharges, malgré la traçabilité des dépôts qui a pu être demandée par certains textes réglementaires. Aussi, des tonnages (plastiques, verres, céramiques…) ont été épandus dans les champs après broyage des ordures ménagères. Nous n'avons pas recherché tous les champs ayant accueilli des ordures.
A l’heure du plan zéro pollution 2050 de l’UE, du zéro artificialisation nette, de la renaturation, des espaces remplies de déchets pourraient être dépollués, d’autant que certaines ex décharges sont très proches des habitations avec l’étalement urbain.
Retrouvez l’ensemble des données dans le fichier en pièce jointe.