Retrouvez ici différents témoignages de personnes qui s’intéressent aux anciennes décharges (sinistrés, voisins de décharges, élus…). N’hésitez pas à témoigner, même anonymement.
J’ai emménagé à Savonnières en février 1987, au lieu-dit La Bassellerie sur le plateau.Rapidement, j’observais de nombreuses allées et venues dans l’impasse, surtout le week-end, en direction du bois. Il y avait des véhicules avec remorques chargées de ferraille, déchets verts, gros bidons métalliques mais aussi des vieux réfrigérateurs, des meubles, des poussettes etc., à l’aller et vides au retour. C'était la décharge brute acceptée par la commune.
Début 1988, le maire décidait de mettre un portail fermé à clé à l’entrée du chemin qui mène à la décharge, au prétexte que des personnes n’habitant pas la commune y déposent des déchets.
Sur demande, la clé pourra être remise en mairie, nominativement, avec caution et obligation de refermer et de la rapporter rapidement ; Cependant la décharge restait ouverte 2 vendredis après-midi/mois. Il était précisé que seuls les ferrailles, débris végétaux, excédents de terrassement en petites quantités, étaient autorisés ;
La décharge étant saturée selon les bulletins municipaux de 1991, il était prévu de la fermer et de « redonner un aspect plus naturel au bois en enfouissant ces résidus avec quelques mètres cubes de terre ». Ce qui fut fait début 1992.
Depuis rien n’a bougé, les déchets émergent d’une sorte de colline et jonchent les environs et on peut voir effectivement qu’il n’y a pas que les déchets « autorisés » qui ont été déposés ; on y retrouve réfrigérateurs, poussettes, bidons, fauteuil, et même deux carcasses de voiture.
Tout est bien caché dans le bois, à l’abri des regards, mais à proximité immédiate d’un petit ruisseau, à sec l’été mais qui qui ruisselle l’hiver en direction du Cher en contrebas.
Quelles pollutions depuis toute ces années ?
"Monsieur,
Nous souhaitons témoigner de la triste découverte faite ce 21 mai 2025 au sein de notre terrain. En effet, nous avons acquis une propriété en 2024, et dans le cadre de travaux d’assainissement, les terrassiers ont creusé et extrait de nombreux déchets de tous types (batteries de voitures, plastiques ( pots de crème fraiche de la marque taillefine), sac de produits phytosanitaires, des sacs de plâtres, des bouteilles en verre, des métaux, un vieux sommier, des pots d’échappement….). A la suite de cela, nous avons retrouvé des images satellites qui évoquent la présence d’une ancienne mare de plus de 200m2. Le comblement de cette mare daterait des années 90. Cette mare a visiblement été recouverte et un jardin paysagé a été planté à la suite…. Évidemment, nous n’avions pas connaissance de cette décharge enfouie lors de l’acquisition de notre maison et terrain. Nous sommes actuellement dans des démarches administratives complexes, notre souhait serait de faire reconnaitre le préjudice."
"Notre couple et ses deux enfants majeurs, motivés par un projet familial, ont fait l'acquisition , en 2014, d'un site foncier appartenant à la même famille depuis plusieurs générations. Il se composait d'une maison , ancienne résidence principale des vendeurs , construite en 1968, et de 1600 m2 de terrain en zone constructible. Le tout se situe en bordure immédiate de la route de monts, bordé par le chemin de la bréanderie.
Les permis de construire pour 3 pavillons ont été accordés par la commune de Montbazon début 2014.Lors des premiers coups de pelle, des gravats ont été trouvés sur la quasi totalité de l'espace à bâtir (soit 1500 m2 environ ) avec 3 mètres au plus profond . Le constructeur a alors déclaré aux nouveaux acquéreurs que les constructions ne pouvaient être faites en l'état et nécessitaient des fondations spéciales .
Une étude de sol fut missionnée. En conclusion de laquelle ont été décrites les consignes techniques liées aux renforts béton nécessaires pour construire mais aussi un alerte circonstanciée suite à la découverte de polluants (PCB notamment). Tous ces éléments furent transmis à la commune de Montbazon et la Préfecture 37 dès 2014.
Ce sont plus de 230 K€ qui sont nécessaires pour résoudre les contraintes de sols et dépolluer
Les nouveaux propriétaires ont rassemblé de très nombreux témoignages écrits , recueillis auprès des "vétérans" de la commune mais aussi d'anciens élues/élus.Ils concordent pour attester que ce terrain était une ancienne carrière qui a été remblayée par des gravats , ainsi que d'autres déchets dont des ordures ménagères déversées par la commune de Montbazon, jusqu'aux années 60.
L'affaire a fini en procès entre les vendeuses et acquéreurs qui demandaient l'annulation de la vente . Les acquéreurs ont été déboutés en premier instance par le Tribunal de Tours.
Aucune construction n'a pu être réalisées à ce jour. Mais une construction a été autorisée en limite avec le site pollué."
« En 2017, nous avons acheté un terrain à Pont-de-Ruan (37) auprès de vendeurs dont l'un était alors maire de Sorigny (37) et Président de la Communauté de communes de Touraine Vallée de l'Indre (service instructeur des autorisations d'urbanisme).
Lors du premier coup de pelle pour démarrer les travaux de construction, nous avons découvert que le sol était garni de déchets, sur plus de 4m de profondeur. La construction a immédiatement dû être interrompue.
Des recherches approfondies, notamment via des images satellites, ont révélé qu’il s’agissait d’une ancienne carrière, transformée en décharge sauvage dans les années 60/70.
L’élu qui nous a vendu ce terrain en avait parfaitement connaissance, comme l’ont confirmé deux décisions de justice : en première instance en 2021 puis en appel en 2025.
Après huit années de procédure, nous avons enfin pu tourner la page de ce lourd dossier, qui a pesé sur notre vie comme une véritable épée de Damoclès.
Nous ne sommes pas un cas isolé : des voisins ont retrouvé des déchets similaires dans leur jardin (carcasses de vélos, voitures, fioles en verre, sacs-poubelle, etc.).
La mairie était parfaitement informée de cette situation. Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) mentionnait d’ailleurs explicitement l'existence de cette ancienne décharge. Et après plusieurs échanges avec l'ancienne maire de pont de ruan (exclusivement oraux) elle nous a bien confirmé qu une précédente vente de ce terrain n avait pas aboutie pour la même raison.
Monsieur,
J’ai acquis mon terrain suite à un échange avec la commune.
Au moment de creuser les fondations de ma maison, le terrassier à remonté divers déchets ménagers. Mon projet est à l’arrêt depuis début juillet 2021.
En faisant quelques recherches il s’est avéré que mon terrain est une ancienne carrière renflouée de déchets.
J’ai attaqué la commune a qui appartenait le terrain. Leur première défense a été de dire qu’il ne connaissait pas l’existence de cette carrière, puis dans un deuxième temps que que tout le monde était au courant. Je suis à l’arrêt de mon chantier depuis juillet 2021, mais un prêt immobilier a été engagé, je paie donc deux loyers en attendant que justice soit rendue.
La justice est longue mais j’espère faire reconnaitre mon préjudice.
Témoignage du 22/03/2026