A propos

Retrouvez ici la genèse, les fondements et les buts de la création de cette initiative sur les anciennes décharges.

30 à 40 000 c’est le nombre (approximatif) d’anciennes décharges exploitées sans respecter les normes techniques en vigueur à l’époque en France. C’est écrit dans une note du 6 novembre 1979 du conseil des Ministres. C’est aussi l’estimation d’experts dont fait partie Frédéric Ogé, ex chercheur au CNRS ayant publié de nombreux travaux sur les sols pollués, dans un article du Monde en 2002 intitulé « Des experts estiment à 40 000 le nombre de sites sauvages. ». C’est un peu plus d’une décharge par commune. Ces lieux représenteraient peu ou prou 10 % des sites et sols pollués français, si tant est que plusieurs centaines ou milliers n’aient déjà été dépollués. 

MESLARD-HAYOT Hugo

Les pouvoirs publics, les entreprises ont régulièrement failli dans le contrôle de la bonne gestion et le bon traitement des déchets, malgré les nombreuses réglementations dont les bonnes applications n’eussent été que trop tardive. C’était une époque où la conscience environnementale n’était pas celle d’aujourd’hui. Ainsi, des milliers de sites et sols pollués entachent la France. Soustrait à nos sens (odorat, vue, toucher), les anciennes décharges sont une plaie invisible. Elles ressurgissent néanmoins régulièrement lors de travaux ou lorsque les éléments se déchaînent (érosion des berges de cours d’eau, érosion côtière…). Ainsi, des personnes ou structures découvrent fortuitement l’existence de décharges sous leur pied ou à proximité d’eux. Nous avons recensé à minima 45 sinistrés à cause de ces malheureuses découvertes depuis 1989.

En 2022, le Président Emmanuel Macron a lancé un plan de résorption des anciennes décharges littorales à risque de relargage de déchets en mer. De 55 recensées lors du premier inventaire, le total est passé à 110 lors du 4e inventaire. Lorsque l’on cherche on peut trouver. Ce plan a le mérite d’exister mais il représente une paille dans l’ensemble des sites potentiels d’anciennes décharges. En Indre-et-Loire, un état des lieux d’Hugo MESLARD-HAYOT fait état de plus de 300 anciennes décharges pour un peu plus de 270 communes. La majorité des décharges est à l’intérieur de terre et pas en bord de mer. 

Bien qu’il ait existé des actions et des inventaires de l’Anred puis l’Ademe, des conseils généraux (devenus départementaux), du bureau de recherche géologique et minière (BRGM), des services déconcentrés de l’État via les directions départementales de l’équipement (DDE) par exemple ou les délégations régionales de l’environnement devenues DRIRE puis DREAL, des trous dans la raquette existent. Cette amnésie environnementale pouvant porter atteinte à la santé publique est amplifiée par la nature cachée de ces lieux. Il convient donc de remobiliser ce sujet enfoui, afin de garder la mémoire de ces lieux parfois oubliés. Cela est nécessaire pour préserver la population et l’environnement de risques sanitaires, écologiques et donc de coûts économiques, probablement déjà en cours. L’absence de certitudes absolues quant à ces différents impacts ne peut être un argument valable pour l’inaction face à ces bouillons de cultures chimiques.

Citoyennes et citoyens, élus de la République, urbanistes, archivistes, militants et militants environnementaux, collectivités, syndicats de rivière, paysagistes, aménageurs, promoteurs immobiliers, notaires... chacun peut avoir un rôle à jouer pour parvenir à atteindre l’objectif de zéro sol pollué en 2050. C’est l’action 15 du plan zéro pollution 2050 présenté par l’Union Européenne en 2021.

N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez contribuer (bénévolement pour le moment) à ce projet d’ampleur, en termes de communication, d’aide juridique, de recherches documentaires…

anciennesdecharges.org